{"id":3082,"date":"2026-01-28T14:42:50","date_gmt":"2026-01-28T14:42:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.improof.lu\/?p=3082"},"modified":"2026-01-28T14:42:50","modified_gmt":"2026-01-28T14:42:50","slug":"la-sobriete-du-travail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.improof.lu\/en\/articles\/la-sobriete-du-travail\/","title":{"rendered":"La sobri\u00e9t\u00e9 du travail : un horizon syndical europ\u00e9en face aux crises socio-\u00e9cologiques et au productivisme vert"},"content":{"rendered":"<p>\u201cTravailler plus pour gagner plus\u201d martelait l\u2019ancien pr\u00e9sident fran\u00e7ais Nicolas Sarkozy. L\u2019augmentation de la production et de la consommation est apparue au XXe si\u00e8cle comme un moyen de progr\u00e8s social : produire plus pour r\u00e9duire la mis\u00e8re et am\u00e9liorer la satisfaction quantitative des besoins. Le travail humain a \u00e9t\u00e9 mis au service de ce projet productiviste illimit\u00e9, sans qu\u2019on puisse fixer quand seraient atteints ces objectifs ni quand on pourrait arr\u00eater d\u2019en faire autant.<\/p>\n<p>Depuis les ann\u00e9es 1970 au moins, la prise de conscience des d\u00e9g\u00e2ts environnementaux de la production industrielle et la crise \u00e9cologique en g\u00e9n\u00e9ral montrent que \u201cle lien entre plus et mieux est rompu\u201d comme le formule le philosophe Andr\u00e9 Gorz. Cette croissance de la production s\u2019est faite par l\u2019appropriation, l\u2019exploitation et la destruction des ressources environnementales et sociales &#8211; des terres, des sols et des humains. Cette logique illimit\u00e9e met \u00e0 pr\u00e9sent en p\u00e9ril notre sant\u00e9, l\u2019habitabilit\u00e9 de nos territoires et les \u00e9quilibres plan\u00e9taires.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette crise \u00e9cologique, un productivisme vert appara\u00eet : il propose de trouver des solutions techniques pour compenser les d\u00e9g\u00e2ts socio-environnementaux ; il veut remplacer les \u00e9nergies fossiles par une augmentation du travail humain en promettant des emplois verts ; il faudrait que chacun.e travaille plus pour continuer de produire autant. Il applique au contexte \u00e9cologique actuel son principe fondamental : il vaut mieux travailler plus que de travailler autant voire moins.<\/p>\n<p>Pourtant, pourquoi continuer de produire autant de marchandises qui nourrissent les centres logistiques et commerciaux mondiaux ? On sait que l\u2019on pourrait mieux satisfaire nos besoins avec moins de production agricole \u2013 de meilleure qualit\u00e9 et sans intrants chimiques \u2013, moins d\u2019\u00e9nergie mais plus d\u2019isolation, moins de ressources \u00e9lectroniques mais plus durables \u2013 etc. C\u2019est la logique de rentabilit\u00e9 capitaliste qui choisit de d\u00e9grader la qualit\u00e9 des biens et des services pour maximiser son taux de profit plut\u00f4t que leur utilit\u00e9, et qui cr\u00e9e de nouvelles marchandises, ind\u00e9pendamment des besoins sociaux. Refuser ce productivisme vert, c\u2019est proposer que la transition ne soit pas seulement une reconversion industrielle d\u00e9carbon\u00e9e, mais une transformation profonde de nos modes de vie et de production, vers une r\u00e9duction de la production et de ses impacts socio-environnementaux n\u00e9gatifs, pour r\u00e9orienter les efforts vers les besoins essentiels et lib\u00e9rer du temps en dehors de la production. La crise \u00e9cologique demande \u00e0 la fois quelle quantit\u00e9 de travail est n\u00e9cessaire pour une soci\u00e9t\u00e9 soutenable et d\u00e9sirable, mais surtout au service de quelles finalit\u00e9s et selon quelles modalit\u00e9s de r\u00e9alisation ? Comment organiser la production pour satisfaire les besoins essentiels tout en soignant et pr\u00e9servant durablement les ressources et le travail humain, autant malmen\u00e9s par la production capitaliste?<\/p>\n<h2>Les risques au travail dans la crise socio-\u00e9cologique<\/h2>\n<p>Ce productivisme vert oublie que le travail humain est aussi une ressource finie qui ne peut \u00eatre exploit\u00e9e ind\u00e9finiment. D\u2019ailleurs, il est d\u00e9j\u00e0 alt\u00e9r\u00e9 et endommag\u00e9 par divers aspects de la crise \u00e9cologique.<\/p>\n<p>Les conditions de travail sont d\u00e9j\u00e0 affect\u00e9es par la crise socio-\u00e9cologique, qui transforme et met en p\u00e9ril le v\u00e9cu corporel et psychique des travailleur.ses : le travail est principalement, sur le plan mat\u00e9riel, l\u2019activit\u00e9 d\u2019un corps et d\u2019un esprit dans un environnement. D\u2019abord, les conditions de travail sont d\u00e9grad\u00e9es depuis la r\u00e9volution industrielle par la pollution de substances nocives (charbon, amiante, pesticides, PFAS, nucl\u00e9aire). Les syndicats ouvriers se battent depuis longtemps pour faire reconna\u00eetre ces risques de sant\u00e9 et interdire ces substances dangereuses : par exemple, dans les ann\u00e9es 1970 en France pour d\u00e9noncer les risques de l\u2019amiante (Jussieu, Paris) ou dans les ann\u00e9es 1990 en Italie pour d\u00e9noncer les maladies li\u00e9es au chlorure de vinyle monom\u00e8re (utilis\u00e9 pour le PVC) dans le complexe p\u00e9trochimique de Porto Marghera.<\/p>\n<p>Ensuite, la crise \u00e9cologique met les corps et les esprits \u00e0 rude \u00e9preuve. Les canicules, les pand\u00e9mies, la rar\u00e9faction des ressources, les maladies physiques et mentales, elles-m\u00eames accrues par des facteurs environnementaux, affectent et d\u00e9gradent d\u00e9j\u00e0 la vie des travailleurs dans leur chair &#8211; et donc leurs conditions de travail, leur productivit\u00e9 et leur facult\u00e9 \u00e0 se reposer. On sait que le r\u00e9chauffement climatique g\u00e9n\u00e8re un risque suppl\u00e9mentaire pour la sant\u00e9, par le stress thermique : l\u2019augmentation des temp\u00e9ratures produit un stress pour le corps au travail et au repos, engendrant des difficult\u00e9s \u00e0 travailler et une baisse de la vigilance &#8211; ce qui accro\u00eet le risque d\u2019accidents du travail -, mais aussi des difficult\u00e9s \u00e0 se reposer, cr\u00e9ant un cercle vicieux d\u2019affaiblissement de la force de travail. En p\u00e9riode de canicule, on souffre au travail et on ne parvient pas \u00e0 se reposer parce que les nuits sont aussi \u00e9prouvantes pour le corps et l\u2019esprit. De plus, la crise \u00e9cologique affecte le travail en reproduisant les in\u00e9galit\u00e9s socio-\u00e9conomiques pr\u00e9existantes puisque les travailleur.ses les plus vuln\u00e9rables ont les postes les plus physiques et viennent des classes populaires[1].<\/p>\n<p>De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la crise \u00e9cologique augmente les risques pour la sant\u00e9 de tou.tes, mais les in\u00e9galit\u00e9s sociales d\u2019acc\u00e8s aux soins rendent les classes populaires plus vuln\u00e9rables. Les recherches en sant\u00e9 environnementale montrent les liens directs entre la d\u00e9gradation de l\u2019environnement et la sant\u00e9 humaine et \u00e9cosyst\u00e9mique, notamment la pollution de l\u2019air, de l\u2019eau et de l\u2019alimentation ainsi que le changement climatique et les catastrophes naturelles. La crise \u00e9cologique augmente les risques et le nombre de maladies respiratoires, cardiovasculaires, de d\u00e9veloppement cognitif et neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, mais aussi de sant\u00e9 mentale[2].<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, il est vain d\u2019esp\u00e9rer pouvoir augmenter les pressions sur le travail humain, en proposant d\u2019augmenter la dur\u00e9e du travail (\u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une semaine ou d\u2019une vie en augmentant l\u2019\u00e2ge de d\u00e9part \u00e0 la retraite) ou la charge de travail : le travail est d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9 par son intensification, l\u2019augmentation des risques psychosociaux (burn-out) et des accidents du travail qui se multiplient pour toutes les cat\u00e9gories professionnelles.<\/p>\n<h2>La sobri\u00e9t\u00e9 du travail : politiser la r\u00e9duction de la production<\/h2>\n<p>D\u00e8s lors, comment organiser un travail \u201crobuste\u201d capable de r\u00e9sister aux crises, de se reposer pour durer et non plus seulement d\u2019\u00eatre performant \u00e0 court terme[3] ? Je propose de d\u00e9fendre la sobri\u00e9t\u00e9 du travail. La sobri\u00e9t\u00e9 est souvent invoqu\u00e9e dans les politiques publiques sous une forme punitive : diminution de la consommation de ressources, d\u2019\u00e9nergie, d\u2019usage ou de mobilit\u00e9 impos\u00e9es aux m\u00e9nages ou aux entreprises. Il faudrait \u00e9conomiser des ressources pour tenter de produire toujours la m\u00eame production capitaliste.<\/p>\n<p>Or, la crise \u00e9cologique invite \u00e0 d\u00e9placer le regard : puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une crise de surproduction \u2013 on exploite trop de ressources mini\u00e8res, \u00e9nerg\u00e9tiques, chimiques, on produit trop de biens, sans assurer leur durabilit\u00e9 ni compenser leurs effets n\u00e9gatifs \u2013 ce ne sont pas seulement les consommations individuelles qu\u2019il faut r\u00e9duire, mais la masse de production consacr\u00e9e \u00e0 des activit\u00e9s nocives et superflues. D\u00e8s lors, la sobri\u00e9t\u00e9 du travail consiste \u00e0 \u00e9conomiser du travail humain pour produire moins, mais mieux. Le travail est une activit\u00e9 mat\u00e9rielle qui consomme des ressources &#8211; au moins l\u2019\u00e9nergie humaine du sujet en activit\u00e9.<\/p>\n<p>Contrairement aux autres formes de sobri\u00e9t\u00e9 de consommation, la sobri\u00e9t\u00e9 du travail n\u2019est pas privative ni punitive, mais elle am\u00e9liore la qualit\u00e9 de vie : en \u00e9conomisant des efforts humains, elle prot\u00e8ge la sant\u00e9 et lib\u00e8re du temps en dehors de l\u2019effort productif. Elle suppose de rompre avec l\u2019id\u00e9ologie n\u00e9olib\u00e9rale qui valorise l\u2019intensit\u00e9 au travail, y voit un effort pour obtenir des r\u00e9compenses m\u00e9rit\u00e9es, sans interroger ce qui est produit ni \u00e0 quel prix humain et \u00e9cologique.<\/p>\n<p>Pour choisir comment r\u00e9duire la production, il faut hi\u00e9rarchiser les besoins collectifs pour savoir lesquels prioriser : isoler les logements plut\u00f4t que b\u00e2tir des zones d\u2019activit\u00e9s commerciales, d\u00e9velopper les transports publics plut\u00f4t que multiplier les SUV, soutenir l\u2019agriculture vivri\u00e8re biologique plut\u00f4t que les fili\u00e8res agro-industrielles d\u2019exportation, favoriser la durabilit\u00e9 et la r\u00e9paration des outils plut\u00f4t que de produire des marchandises vite jet\u00e9es. Dans cette perspective, le travail est consid\u00e9r\u00e9 comme une activit\u00e9 qui consomme des ressources collectives \u2013 environnementales comme sociales \u2013 ce qui n\u2019est l\u00e9gitime que si elle sert des besoins collectifs. Interroger le travail par rapport aux besoins, c\u2019est interroger son contenu : n\u2019est plus l\u00e9gitime toute activit\u00e9 qui trouve une part de march\u00e9, mais toute activit\u00e9 qui satisfait un besoin collectif en minimisant ses impacts environnementaux n\u00e9gatifs et en maximisant ses effets positifs. Cela implique de supprimer certains secteurs de production qui seraient jug\u00e9s, de fa\u00e7on collective et d\u00e9mocratique, socialement n\u00e9fastes, inutiles ou non prioritaires parce qu\u2019ils consomment des ressources et du travail humain sans r\u00e9pondre \u00e0 des besoins sociaux essentiels. C\u2019est le cas de l\u2019offre destin\u00e9e \u00e0 une \u00e9lite, pour les biens et les services de luxe, mais aussi de la publicit\u00e9 qui nourrit la consommation et les in\u00e9galit\u00e9s sociales. Cela implique aussi de rediriger certaines comp\u00e9tences professionnelles vers d\u2019autres secteurs plus utiles, selon les besoins de la transition \u00e9cologique : ainsi, les ouvriers de GKN en Italie proposent de transformer leur production actuelle au service du secteur automobile vers la production de v\u00e9los-cargos ; de m\u00eame que les ouvriers de l\u2019a\u00e9ronautique dans le Sud-Ouest[4].<\/p>\n<p>Les t\u00e2ches socialement utiles se d\u00e9clinent en deux cat\u00e9gories : d\u2019une part, les activit\u00e9s de soin et de reproduction de la vie, qui doivent \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de fa\u00e7on infinie pour reproduire la soci\u00e9t\u00e9 : alimentation, \u00e9ducation, soin domestique, environnement et social. D\u2019autre part, les activit\u00e9s ponctuelles de production au service de la transition \u00e9cologique qui, une fois r\u00e9alis\u00e9es, seront acquises, sans avoir besoin d\u2019\u00eatre reproduites, comme l\u2019isolation d\u2019une maison ou la construction d\u2019un outil, qui peuvent appeler de l\u2019entretien mais non une autre production de z\u00e9ro. Les premi\u00e8res doivent \u00eatre \u00e9quitablement r\u00e9parties entre tou.tes et les secondes n\u2019appellent qu\u2019un surcro\u00eet temporaire d\u2019effort, qui peut \u00eatre compens\u00e9 en arr\u00eatant d\u2019autres activit\u00e9s socialement inutiles ou n\u00e9fastes. Si certaines t\u00e2ches n\u00e9cessitent plus de travail domestique (cuisiner, entretenir et r\u00e9parer plut\u00f4t que jeter), cela suppose une r\u00e9duction du temps d\u2019emploi pour lib\u00e9rer du temps. Ce peut \u00eatre un projet pour le syndicalisme, que proposait Gorz dans les ann\u00e9es 1980 notamment dans <em>M\u00e9tamorphoses du travail<\/em> : r\u00e9duire le temps d\u2019emploi de tou.tes pour redistribuer le temps de vie, pour r\u00e9duire aussi les in\u00e9galit\u00e9s de genre dans le travail domestique. Actuellement, les femmes font ce choix individuel de r\u00e9duction de leur temps de travail et en paient les cons\u00e9quences en termes d\u2019in\u00e9galit\u00e9s de la charge mentale domestique et d\u2019in\u00e9galit\u00e9s \u00e9conomiques de revenus et de protection sociale.<\/p>\n<p>Ensuite, cette sobri\u00e9t\u00e9 au travail se joue dans les conditions de travail : r\u00e9duire la quantit\u00e9 de travail &#8211; son intensit\u00e9 &#8211; et le temps de travail permet de lib\u00e9rer du temps pour le repos, le soin et la vie collective, en am\u00e9liorant la qualit\u00e9 de vie tout en r\u00e9duisant l\u2019empreinte \u00e9cologique du quotidien. Contrairement aux pr\u00e9jug\u00e9s des \u00e9lites qui imaginent que l\u2019augmentation du temps libre chez les classes populaires m\u00e8nerait \u00e0 une hausse de la consommation marchande (<em>fastfood<\/em> et centres commerciaux), plusieurs enqu\u00eates montrent que r\u00e9duire le temps de travail permet de r\u00e9duire son empreinte \u00e9cologique, en raison des trajets \u00e9vit\u00e9s et des consommations d\u2019\u00e9nergie ou d\u2019alimentation dans les bureaux[5].<\/p>\n<p>Cette sobri\u00e9t\u00e9 du travail, qui permet de d\u00e9sintensifier le travail en r\u00e9duisant la charge, est le seul moyen de soigner nos \u201cressources humaines\u201d pour leur permettre de durer plut\u00f4t que de les ab\u00eemer d\u00e9finitivement. C\u2019est un projet \u00e9cologique et social de prendre soin du travail humain, comme ressource finie et fragile, \u00e0 pr\u00e9server plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 exploiter, pressuriser et jeter. En redistribuant du temps libre \u00e0 tout le monde et en d\u00e9sintensifiant la charge de travail, cette sobri\u00e9t\u00e9 du travail peut \u00eatre l\u2019occasion d\u2019am\u00e9liorer les conditions de vie des classes populaires qui souffrent le plus au travail et du travail actuellement. Cette perspective \u00e9cologique du travail rejoint des revendications syndicales anciennes : le droit \u00e0 la sant\u00e9, \u00e0 un rythme soutenable et \u00e0 une juste r\u00e9partition des efforts entre tous.<\/p>\n<p>En plus de l\u2019am\u00e9lioration des conditions de travail &#8211; r\u00e9duction et d\u00e9sintensification &#8211; il s\u2019agit aussi de d\u00e9corr\u00e9ler la protection sociale de l\u2019emploi, pour cr\u00e9er une protection inconditionnelle \u2013 par un revenu garanti et des services publics robustes \u2013 pour s\u00e9curiser toutes les exp\u00e9riences de vie, d\u2019autant plus fragilis\u00e9es par la d\u00e9gradation des conditions environnementales de sant\u00e9.<\/p>\n<h2>Un projet syndical \u00e9mancipateur<\/h2>\n<p>Cette discussion collective sur les finalit\u00e9s du travail et de la production et leur \u00e9ventuelle reconversion \u00e9cologique est peu pr\u00e9sente dans les sph\u00e8res \u00e9conomiques et politiques dirigeantes qui pr\u00e9f\u00e8rent le \u201cbusiness as usual\u201d. Les seuls acteurs de direction \u00e0 en parler sont les professionnels des strat\u00e9gies RSE et des politiques environnementales publiques \u2013 nationales comme locales. Quand celles-ci d\u00e9bouchent sur des transformations concr\u00e8tes, elles sont \u00e9labor\u00e9es et appliqu\u00e9es sans concertation des salari\u00e9s. Ceux-ci sont souvent m\u00e9pris\u00e9s car pr\u00e9suppos\u00e9.es indiff\u00e9rent.es \u00e0 ces sujets, qu\u2019il faudrait seulement \u201cformer\u201d par des ateliers basiques &#8211; combien d\u2019organisations ont fait r\u00e9aliser une Fresque du Climat ? Cette injonction \u00e0 la formation d\u00e9politise les transformations de la production, sans laisser d\u2019espace aux travailleur.ses pour en discuter. Pourtant, la transition \u00e9cologique pourrait \u00eatre l\u2019occasion de d\u00e9mocratiser le travail en laissant de l\u2019autonomie et du pouvoir d\u2019initiative aux salari\u00e9s pour att\u00e9nuer l\u2019impact environnemental de leur activit\u00e9, adapter leurs missions et se pr\u00e9parer collectivement aux crises \u00e0 venir dans leur secteur. On peut faire l\u2019hypoth\u00e8se que l\u2019\u00e9cologisation du travail construite par les travailleurs est plus efficace et plus robuste que les directives con\u00e7ues et impos\u00e9es par le haut. C\u2019est d\u2019autant plus d\u00e9cisif que le contexte \u00e9cologique appelle des transformations \u00e0 la fois rapides, transversales et structurelles, qui doivent aussi s\u2019op\u00e9rationnaliser concr\u00e8tement dans les pratiques professionnelles ordinaires de chacun.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi les syndicats doivent se saisir du contexte et de l\u2019enjeu des transformations \u00e9cologiques du travail pour discuter des besoins sociaux, des finalit\u00e9s de la production, des strat\u00e9gies et des bonnes allocations des ressources collectives et proposer des alternatives aux strat\u00e9gies capitalistes.<\/p>\n<p>En France est n\u00e9 le premier \u201c\u00e9cosyndicat\u201d Printemps \u00e9cologique pour mettre les enjeux \u00e9cologiques au c\u0153ur de l\u2019agenda revendicatif syndical. \u00c0 sa suite, la CGT a mis en place, avec le collectif Pour un r\u00e9veil \u00e9cologique, le \u201cRadar environnement\u201d pour inciter les travailleurs \u00e0 enqu\u00eater sur les transformations \u00e9cologiques possibles dans leur poste, mais cet outil est encore peu d\u00e9ploy\u00e9 et per\u00e7u par certains syndicats comme un \u00e9loignement du terrain syndical et des luttes. La CFDT parle aussi du r\u00f4le syndical dans la transition \u00e9cologique. Mais l\u2019\u00e9cologie est souvent rel\u00e9gu\u00e9e \u00e0 un discours g\u00e9n\u00e9ral ou \u00e0 des prises de position nationales, sans traduction syst\u00e9matique dans les n\u00e9gociations locales ou les instances de dialogue social. La litt\u00e9rature sur les transitions industrielles et environnementales a montr\u00e9 que les organisations syndicales tendent \u00e0 adopter une posture prudente, voire d\u00e9fensive, face \u00e0 des transformations susceptibles de d\u00e9stabiliser les collectifs de travail ou de produire des restructurations[6].<\/p>\n<p>Les syndicats devraient int\u00e9grer les revendications \u00e9cologiques pour int\u00e9grer dans leur base militante les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations qui peuvent porter ces sujets, mais aussi pour formuler une alternative et un contre-discours aux directions qui, sinon, ont le monopole des strat\u00e9gies de transformation \u00e9cologique des organisations. Cette participation syndicale \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de l\u2019\u00e9cologisation du travail est d\u2019autant plus cruciale que l\u2019\u00e9cologisation n\u2019est pas consensuelle dans ses fins ni ses moyens mais brasse des projets de soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s diff\u00e9rents, alors m\u00eame que sa pr\u00e9sentation rapide peut \u00eatre d\u00e9politis\u00e9e en quelques arbitrages techniques ou \u00e9conomiques \u2013 changer les cadeaux des salari\u00e9s par le CSE plut\u00f4t que toucher \u00e0 la strat\u00e9gie de l\u2019entreprise.<\/p>\n<p>Pour mobiliser les collectifs de travailleur.ses sur ces enjeux socio-\u00e9cologiques, le syndicalisme peut s\u2019inspirer des syndicalistes italiens des ann\u00e9es 1960 qui faisaient de l\u2019enqu\u00eate ouvri\u00e8re : il s\u2019agit d\u2019interroger, \u00e0 la base, des travailleur.ses pour analyser leurs conditions de travail et faire remonter des revendications communes \u00e0 partir du terrain. Ainsi, le temps d\u2019information syndicale \u2013 droit d\u2019une heure mensuelle en France \u2013 peut \u00eatre l\u2019occasion d\u2019interroger le contenu du travail, les finalit\u00e9s de la production, sa transformation socio-\u00e9cologique, le pouvoir que les travailleur.ses ont dans ce projet, pour proposer des alternatives aux strat\u00e9gies des directions. Il peut mener des enqu\u00eates sur les transformations socio-\u00e9cologiques en cours du travail pour montrer les pr\u00e9occupations et les id\u00e9es des travailleur.se.s, t\u00e9moignages qui existent peu dans le d\u00e9bat public, plut\u00f4t monopolis\u00e9 par les discours de <em>greenwashing<\/em> des directions et des services de \u201cresponsabilit\u00e9 sociale des entreprises\u201d, qui sont parfois assign\u00e9s \u00e0 des enjeux marginaux ou rendus impuissants par ces directions[7].<\/p>\n<p>C\u2019est donc un projet syndical de lutte contre les strat\u00e9gies patronales qui n\u2019int\u00e8grent pas les exp\u00e9riences des travailleur.ses et m\u00e9prisent les connaissances du terrain, d\u00e9valoris\u00e9es au nom d\u2019une \u201cformation\u201d et d\u2019une \u201crequalification\u201d des m\u00e9tiers qui se font sans les personnes concern\u00e9es. Pour op\u00e9rer cette transformation de la production, il faut mobiliser les travailleur.ses et toutes les parties concern\u00e9es par la production (consommateur.ices, fournisseurs, habitant.es, \u00e0 la mani\u00e8re des parties prenantes d\u2019une coop\u00e9rative SCIC plut\u00f4t que d\u2019une coop\u00e9rative de production SCOP). Le syndicalisme peut jouer un r\u00f4le d\u2019\u00e9veilleur de conscience et de partage des transformations \u00e9cologiques en cours du travail, en r\u00e9unissant des travailleurs de m\u00eame secteur d\u2019activit\u00e9 et en favorisant les rencontres entre secteurs.<\/p>\n<p>Pour documenter ces m\u00e9tamorphoses \u00e9cologiques du travail, les leviers et les obstacles que rencontrent les travailleurs, les d\u00e9marches mises en place pour \u00e9conomiser leurs efforts et les ressources, j\u2019ai lanc\u00e9 une enqu\u00eate pour recueillir des t\u00e9moignages issus de secteurs vari\u00e9s, que vous pouvez compl\u00e9ter[8]. J\u2019encourage tous les acteurs de terrain \u00e0 enqu\u00eater pour raconter ce qui se passe sur la r\u00e9alit\u00e9 du terrain, en de\u00e7\u00e0 des plans strat\u00e9giques et des grands discours.<\/p>\n<p>La sobri\u00e9t\u00e9 du travail n\u2019est donc pas une r\u00e9cession impos\u00e9e, mais un choix politique d\u2019\u00e9mancipation, pour produire moins pour vivre mieux, r\u00e9duire la contrainte salariale pour lib\u00e9rer du temps de vie et recentrer les efforts sur les besoins essentiels. Non pas travailler plus pour sauver abstraitement \u201cla plan\u00e8te\u201d, mais travailler moins et autrement pour la rendre habitable ; non pas sauver l\u2019emploi pour l\u2019emploi, mais construire une soci\u00e9t\u00e9 du travail d\u00e9sintensifi\u00e9, partag\u00e9, \u00e9cologiste et juste socialement. Ce choix suppose un rapport de force. Car s\u2019opposer au projet capitaliste de croissance infinie, c\u2019est affronter ses institutions, ses hi\u00e9rarchies et ses valeurs. Le syndicalisme pourrait articuler \u00e9cologie, \u00e9mancipation collective et d\u00e9mocratie au travail, en proposant une version de cette transformation sociale juste et d\u00e9sirable. Port\u00e9 par les bases et les directions syndicales, ce projet pourrait montrer l\u2019int\u00e9r\u00eat de ces transformations socio-\u00e9cologiques pour les classes populaires en les liant \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration concr\u00e8te de leur vie quotidienne, par une r\u00e9duction de la charge, de l\u2019intensit\u00e9 et du temps du travail, par l\u2019am\u00e9lioration de la sant\u00e9 et par l\u2019augmentation du temps choisi.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Photo d&#8217;en-t\u00eate de <span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"https:\/\/unsplash.com\/fr\/@mlapergolaphoto?utm_source=unsplash&amp;utm_medium=referral&amp;utm_content=creditCopyText\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Mario La Pergola<\/a><\/span> sur <span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"https:\/\/unsplash.com\/fr\/photos\/un-coucher-de-soleil-sur-une-ville-uVc9JTu1FhA?utm_source=unsplash&amp;utm_medium=referral&amp;utm_content=creditCopyText\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Unsplash<\/a><\/span><\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Contrairement aux autres formes de sobri\u00e9t\u00e9 de consommation, la sobri\u00e9t\u00e9 du travail n\u2019est pas privative ni punitive, mais elle am\u00e9liore la qualit\u00e9 de vie : en \u00e9conomisant des efforts humains, elle prot\u00e8ge la sant\u00e9 et lib\u00e8re du temps en dehors de l\u2019effort productif. 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