Peu de gens auront échappé au fait que, durant les dernières années, notre économie n’a plus atteint son taux de croissance historique moyen. Les interventions, que ce soit à la radio, à la télévision ou à travers des articles, décrivant cette évolution, se sont multipliées. Ces contributions suivent pour la plupart le même schéma. D’abord, les auteurs dressent un état des lieux isolé en comparant l’évolution économique de notre pays depuis 2022 avec son évolution historique depuis 1995. Puis ils terminent en affirmant que des réformes structurelles sont inévitables pour remédier à cette situation de quasi-stagnation.
Quelques éléments dérangent un économiste dans cet argumentaire : l’appréciation isolée de l’économie luxembourgeoise ; une comparaison entre une évolution à court terme et une évolution à moyen terme ; une appréciation de la situation économique et sociétale basée sur le seul indicateur du PIB ; des propositions de réformes dont les impacts sur la croissance, s’ils existent, sont discutables. Examinons les différents points.
D’abord, il est incontestable que la performance économique, mesurée par le seul indicateur du PIB réel, a été, durant les récentes années de crises, considérablement inférieure à la progression annuelle moyenne de 3,3 % que nous avons connue durant la période 1995-2019. Cependant, le Luxembourg n’est pas seul dans cette situation. La plupart des pays de l’Union européenne (UE) et de la zone euro (ZE) affichent un taux de croissance annuel moyen en dessous des 2 %. La croissance économique au Luxembourg a été au même niveau que celle observée dans l’ensemble de l’UE et de la ZE, qui sont évidemment fortement impactés par les faibles taux de croissance et par la pondération importante de l’économie française et allemande.
Taux de croissance annuel moyen du PIB réel (2019-2024)

Données : Eurostat
Il est cependant important de différencier entre croissance et niveau. Si, en termes de croissance économique, le Luxembourg ne s’est plus différencié du reste de l’UE ces dernières années, la richesse créée chaque année par emploi en euros courants au Grand-Duché reste extraordinaire. En 2024, un emploi au Luxembourg a généré en moyenne 167 000 euros.[1] Cette somme d’argent a été utilisée pour rémunérer le travail (rémunération des salariés), rémunérer le capital (excédent brut d’exploitation et revenu mixte[2]) ou payer des impôts sur la production et les importations (p. ex. TVA ou accises). Historiquement, la répartition en pourcentage correspond respectivement à environ 50 %, 40 % et 10 %. En appliquant ces 50 % aux 167 000 euros, on obtient une rémunération annuelle brute de 83 500 euros par emploi.[3] Cela équivaut à une rémunération annuelle nette d’environ 55 000 euros, c.-à-d. plus que 4 500 euros par mois. Répartie de manière plus équitable, la richesse créée dans notre économie pourrait suffire à chacun pour mener une vie sans soucis financiers au Luxembourg.
Ce qui intéresse d’abord, c’est le niveau de la richesse créée, pas nécessairement son taux de croissance. Il est sans doute préférable, d’un point de vue économique, de vivre au présent dans un pays avec un niveau de richesse élevé, mais un faible taux de croissance, que de vivre dans un pays avec un faible niveau de richesse, mais avec un taux de croissance élevé. Ainsi, même si nous n’avions plus de croissance économique au Luxembourg, mais une stagnation économique associée à une inflation de 0 %, cette richesse de 167 000 euros par emploi serait générée chaque année.
Au lieu de déplorer que nous n’ayons pas, à court terme, les mêmes taux de croissance qu’à moyen ou même à long terme, les journaux pourraient tout aussi bien titrer : « Malgré une croissance économique proche de la moyenne européenne, les travailleurs luxembourgeois continuent de générer une valeur ajoutée exceptionnelle ! »
Affaiblissement de la croissance, hausse du taux de chômage et stabilisation des prix : Mission accomplie par la Banque centrale européenne ?
Selon l’article 127 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, « l’objectif principal du Système européen de banques centrales [SEBC], (…) est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l’Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, (…). » Pour arriver à son objectif principal, défini par un taux d’inflation de 2 % à moyen terme, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé d’augmenter décidement ses taux d’intérêt directeurs à partir de juillet 2022. Le mécanisme sous-jacent est bien connu : pour contenir les pressions inflationnistes, la BCE cherche à modérer la demande globale en rendant le crédit plus coûteux et l’épargne plus attractive. Ce resserrement monétaire freine mécaniquement la consommation et l’investissement, tant du côté des ménages que des entreprises. En conséquence, la dynamique des prix s’atténue, mais l’activité économique ralentit.
Face à des coûts de financement accrus et à une demande moins vigoureuse, de nombreuses entreprises reportent leurs investissements et réduisent leur production. Ce processus conduit, comme attendu, à une hausse progressive du taux de chômage. Les secteurs les plus sensibles au cycle économique, comme p. ex. la construction, ressentent de manière particulièrement marquée les effets d’une telle politique monétaire restrictive.
L’évolution récente de l’économie luxembourgeoise s’inscrit pleinement dans ce schéma : ralentissement de la croissance, contraction de l’activité dans les secteurs cycliques, hausse du chômage, et stabilisation de l’inflation. Autrement dit, les évolutions macroéconomiques nationales correspondent étroitement aux effets attendus d’un resserrement monétaire visant à rétablir la stabilité des prix.
Dans cette perspective, il n’y a rien de surprenant. La BCE a atteint son objectif principal, mais au prix d’un affaiblissement temporaire de l’activité économique. Cela souligne que la situation actuelle du Luxembourg relève davantage de la logique même de la politique monétaire européenne que d’une spécificité nationale.
If in doubt, zoom out
Outre le fait que notre petite économie ouverte ne doit pas être considérée isolément, une analyse de la situation économique basée sur l’évolution à court terme n’est guère significative. L’évolution du PIB réel à court terme ne reflète pas la trajectoire structurelle de l’économie. Analyser la croissance sur la seule période 2019-2024 revient à mesurer l’impact de chocs exceptionnels, plutôt que l’évolution intrinsèque de l’économie luxembourgeoise.
Voici une citation qui semble bien résumer la situation économique actuelle :
« We are suffering just now from a bad attack of economic pessimism. It is common to hear people say that the epoch of enormous economic progress which characterised the (…) [twentieth] century is over; that the rapid improvement in the standard of life is now going to slow down (…); that a decline in prosperity is more likely than an improvement in the decade which lies ahead of us.
I believe that this is a wildly mistaken interpretation of what is happening to us. We are suffering, not from the rheumatics of old age, but from the growing-pains of over-rapid changes, from the painfulness of readjustment between one economic period and another. The increase of technical efficiency has been taking place faster than we can deal with the problem of labour absorption; the improvement in the standard of life has been a little too quick; (…). »
Ces paragraphes sont tirés du texte « Economic Possibilities for our Grandchildren » rédigé par John Maynard Keynes, un des économistes les plus influents du XXe siècle. Le texte date de 1930, période marquée par la Grande Dépression. L’histoire ne se répète pas, mais elle rime.
La situation économique dans laquelle nous nous trouvons est évidemment loin de la gravité de la Grande Dépression des années 1930. Entre 1929 et le creux de cette crise économique en 1933, l’économie américaine s’était contractée d’un tiers (-29 %) et le taux de chômage avait atteint un pic de 25 %, alors qu’il n’était que de 4 % en 1929.[4]
Cependant, si Keynes était certes conscient de la gravité économique de la Grande Dépression, il a orienté son analyse économique dans ce texte sur les décennies à venir, voire le siècle à venir. Conscient du fait que ce recul économique n’empêcherait pas les énormes progrès technologiques et économiques du futur, il a dessiné le monde du travail au 21e siècle. Même si la semaine de travail à 15 heures, telle qu’il l’a prédite pour l’année 2030, ne se traduira pas encore dans la réalité, Keynes avait raison d’envisager l’avenir avec optimisme et de ne pas limiter son analyse aux difficultés économiques actuelles, mais d’adopter une perspective à long terme.
PIB réel par habitant (base 100 = 1929), États-Unis

Données : Our World in Data
Keynes nous montre que l’analyse de la situation structurelle d’une économie doit se faire à moyen, voire à long terme et qu’une analyse du PIB réel sur quelques années représente tout au plus une analyse d’un cycle économique.
Dans cet esprit, si l’on analyse l’évolution du PIB réel depuis 2005, force est de constater que le Luxembourg se classe dans le premier tiers des pays de l’UE avec une progression de 50 %. Ce constat est d’autant plus impressionnant, vu que les pays les plus développés affichent d’habitude des taux de croissance moins élevés. Cela est confirmé par le graphique suivant. Les pays de l’Europe occidentale se situent plutôt à droite avec des taux de croissance plus faibles, tandis que les pays de l’Europe de l’Est se situent plutôt à gauche avec des taux de croissance plus élevés. Le Luxembourg et l’Irlande constituent ici une exception.
PIB réel en 2024 (base 100 = 2005)

Données : Eurostat
Un indicateur indispensable mais insuffisant
Historiquement, l’indicateur du PIB est positivement corrélé avec de nombreux autres indicateurs qui nous sont chers, tels que l’espérance de vie, le niveau d’éducation ou la réduction de la pauvreté. Le PIB en soi ne reflète cependant que partiellement la situation économique. Il mesure en effet seulement la valeur monétaire, définie principalement par le libre marché, et les quantités des biens et services vendus sur un territoire. Lorsque la production et les ventes augmentent, le PIB augmente.
Une augmentation de la production des biens et services ne présente cependant pas que des avantages pour les citoyens. En quête de croissance économique, on court le risque d’épuiser les gens. Plus d’heures de travail signifient, à court terme, plus de croissance. Si, en plus de leur travail, les gens doivent consulter un médecin ou un kinésithérapeute ou prendre des médicaments pour gérer leur stress, le PIB augmente encore davantage. Cela ne fonctionne cependant que tant que les gens fonctionnent dans ce système. S’ils ne supportent plus la pression, ils ne sont plus aptes au travail et la contribution de leur travail disparaît complètement du PIB. Le même raisonnement s’applique à notre planète. Autre exemple : reconstruire l’Ukraine augmentera certes le PIB, mais ne reflètera certainement pas une augmentation du niveau de vie des citoyens par rapport à un scénario sans guerre.
Les risques de la croissance économique, tels que l’épuisement des gens ou l’exploitation non durable des ressources, ainsi que les coûts d’opportunité d’un scénario sans guerre (dividende de la paix), ne sont donc pas pris en compte dans le PIB.
En outre, la façon dont certains services sont pris en compte est préoccupante. Prenons l’exemple des docteurs. En se limitant à une approche froide et de court terme fondée sur le seul PIB, il serait préférable pour un docteur de traiter le plus rapidement possible 10 patients dont aucun ne se rétablirait complètement, plutôt que de traiter 5 patients qui seraient chacun de nouveau en bonne santé. Le docteur qui prend son temps aidera ses patients à récupérer et à réintégrer le marché du travail à moyen terme, tandis que le docteur précipité aura maximisé ses recettes et sa contribution au PIB à court terme. À moyen terme, ce deuxième docteur aura toutefois freiné la croissance du PIB. Là encore, l’évolution à moyen terme doit prévaloir sur l’évolution à court terme.
Compte tenu de ces limites, et il y en a bien évidemment d’autres, le PIB occupe une place disproportionnée dans les médias.
De fausses « bonnes » idées
Certains acteurs et observateurs économiques pensent avoir les solutions pour relancer la croissance à court terme. Rappelons que le ralentissement de l’économie par la BCE a été intentionnel à l’aide d’instruments de politique monétaire très puissants. Il ne doit pas être question d’essayer de relancer l’économie avec des mesures qui ne pourront jamais atteindre l’ampleur des effets d’une politique monétaire restrictive. Au lieu de cela, les gouvernements doivent essayer d’amortir les effets négatifs de cette politique monétaire restrictive avec des aides ciblées pour les salariés et les entreprises. L’objectif ne doit pas être de contrôler la croissance économique à court terme, mais d’accompagner le cycle conjoncturel.
Dans ce contexte, les mesures discutées entre les partenaires sociaux en 2025 ont suscité de nombreuses controverses et ont demandé beaucoup d’efforts et de travail aux négociateurs, sans pour autant garantir une croissance durable à court ou à long terme.
Prenons par exemple la prolongation des heures d’ouverture dans le commerce. Outre l’effet potentiel d’un simple décalage horaire de la consommation (les gens n’achèteront pas plus de pantalons parce que les magasins seront ouverts jusqu’à 21h), l’effet sur la croissance économique sera limité, voire quasi inexistant, compte tenu de la faible part du secteur du commerce dans notre PIB. Selon la comptabilité nationale, le secteur « Commerce ; Réparation d’automobiles et de motocycles » a un poids de 8 % dans le total de la valeur ajoutée générée par les différents secteurs au Luxembourg. Si les données permettaient d’isoler uniquement les entreprises concernées par la prolongation des horaires d’ouverture, ce poids diminuerait encore davantage. Le même raisonnement vaut pour le travail dominical.
Une augmentation des heures de travail, comme cela a déjà été formulé indirectement dans les milieux patronaux, peut mécaniquement augmenter le PIB à court terme. Cet effet ne pourra cependant être observé que dans une situation de plein emploi. Actuellement, presque 20 000 demandeurs d’emploi seraient heureux si leur temps de travail était supérieur à zéro heure. En outre, et comme on le verra dans la partie suivante, une augmentation du PIB à court terme n’est pas suffisante pour garantir une augmentation du niveau de vie de tous les citoyens à long terme. Il faut avant tout augmenter la productivité, sur laquelle les effets d’un allongement du temps de travail sont hautement discutables.
Les vraies raisons de la croissance ralentie depuis 2022 sont les effets négatifs et successifs de la hausse des prix de l’énergie et de la politique monétaire restrictive. Cette évolution a été mise à profit pour essayer de faire passer un programme idéologique, selon la devise : Never waste a good crisis.
Les leviers macroéconomiques pour une croissance à long terme
Une économie qui ne croît plus jamais, voire qui repose sur la décroissance, est à éviter. Prendre la décision de garder la taille de l’économie au même niveau pour toujours ou de réduire la taille de l’économie, revient à un suicide politique. En pratique, cela voudrait dire que les gouvernements à travers le monde devraient faire un choix : soit les gens, qui ne pouvaient pas encore jusqu’à présent sortir de la pauvreté grâce à la croissance, devraient y rester pour toujours, soit la plupart de la population des pays développés devraient accepter de voir leur revenu être réduit drastiquement pour toujours. Il est fort douteux que l’une ou l’autre de ces deux options puisse être mise en œuvre dans un système démocratique.
Deux points seront particulièrement importants pour garantir la croissance économique à moyen et à long terme, dont le plus grand nombre possible de citoyens pourra profiter.
D’abord, les gouvernements doivent soutenir le transfert des technologies modernes dans l’économie réelle, afin de continuer à augmenter la productivité. D’un point de vue historique, ce sont les progrès techniques et leur mise en œuvre à grande échelle qui ont permis d’augmenter la productivité. Augmenter seulement le PIB n’est pas suffisant pour améliorer le niveau de vie de tous les citoyens. Une augmentation de la production des biens et des services due à une augmentation de la main-d’œuvre, ne se traduira pas automatiquement par une augmentation de la rémunération par salarié. Prenons un exemple théorique : soit une petite économie de seulement 10 salariés dont le PIB équivaut à 1 million d’euros. En appliquant une part salariale de 50 %, chaque salarié reçoit en moyenne une rémunération brute de 50 000 euros. L’année suivante, cette économie attire un salarié supplémentaire et le PIB augmentera à 1,1 million d’euros. Le PIB aura donc augmenté de 10 %. Cela ne se traduira cependant pas par une augmentation de la rémunération brute par salarié. En effet, comme le nombre de salariés a également augmenté de 10 % et en supposant une part salariale qui restera à 50 %, la rémunération brute par salarié sera toujours en moyenne à 50 000 euros.
Ainsi, pour améliorer la situation financière des salariés, une simple augmentation du PIB n’est pas forcément suffisante. Il faut également garantir une augmentation de la productivité. Pour citer Paul Krugman, prix Nobel en économie en 2008 : « Productivity isn’t everything, but in the long run, it is almost everything. »[5]
Une augmentation du PIB grâce à une augmentation de la productivité du travail signifie qu’on produit plus avec le même niveau d’heures de travail.[6] Cette réduction des coûts par unité de production pourra être répartie entre l’entreprise, le salarié et le consommateur sous forme, respectivement, d’une augmentation des profits, d’une augmentation des salaires ou d’une baisse des prix. Une baisse des prix sera le résultat de la situation concurrentielle entre les entreprises, tandis que la répartition entre l’employeur et le salarié sera définie par leur rapport de force et les institutions en place.
Ce qui nous amène au deuxième point. Les gouvernements doivent veiller à une répartition équitable des gains de productivité afin que le plus grand nombre possible de citoyens en profitent pleinement. Une augmentation du PIB couplée à une augmentation de la productivité du travail signifie qu’à rémunération par salarié inchangée et toute chose égale par ailleurs, la part salariale dans le PIB baisse. Les bénéficiaires de la croissance seront alors les détenteurs du capital au détriment des salariés. Si les détenteurs du capital et les salariés sont des personnes différentes, alors cette répartition inéquitable des gains de productivité doit être corrigée par des mécanismes tels que les négociations des conventions collectives, le salaire minimum, la fiscalité ou d’autres transferts.
Outre la question de l’équité, la répartition de la richesse créée joue également un rôle pour la croissance économique future. L’OCDE a montré qu’une augmentation des inégalités freine la croissance économique et qu’à l’inverse une distribution plus équitable du PIB soutient la croissance économique.[7]
L’analyse du PIB selon l’approche des dépenses met en évidence que la croissance luxembourgeoise des dernières années repose principalement sur la demande intérieure des ménages et sur l’investissement public. Dans un contexte de ralentissement conjoncturel et de montée des incertitudes internationales, une relance durable de l’activité économique passe dès lors prioritairement par des politiques de soutien à la demande. Cette nécessité est renforcée par l’essor de tendances protectionnistes à l’échelle mondiale, qui limitent les débouchés extérieurs. Toute politique visant à comprimer les revenus du travail ou à affaiblir les droits des salariés fragilise le salarié-consommateur et affaiblit la croissance économique du pays.
Pour terminer, il est important que les décideurs politiques ne se laissent pas tromper par des fausses bonnes idées, visant principalement à faire passer un programme idéologique, plutôt que de constituer des vraies pistes pour faire progresser notre pays.